I. Composants :

Bien que liquide, le sang est un tissu très organisé. Il est composé d’un fluide salé, le plasma, dans lequel circulent trois types de cellules : les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Pour 1 globule blanc, il y a environ 50 plaquettes et 500 globules rouges.

I. 1. Globules rouges :

Les globules rouges transportent l’oxygène des poumons vers les tissus et captent en retour le gaz carbonique afin de l’évacuer lors de l’expiration. Ce sont les cellules les plus nombreuses dans le plasma : de l’ordre de 5 millions par mm3 de sang.

Egalement appelées érythrocytes ou hématies, ces cellules contiennent une protéine, l’hémoglobine, capable de fixer l’oxygène et qui donne au sang sa couleur rouge. Leur membrane est hérissée de protéines, les antigènes, qui déterminent l’appartenance aux différents groupes sanguins.

Un manque de globules rouges – on parle alors d’anémie – entraîne une forte fatigue. La transfusion de globules rouges peut être nécessaire lors d’une grave anémie ou d’une forte hémorragie.

I. 2. Globules blancs :

Les globules blancs (ou leucocytes) jouent un rôle capital dans la défense de l’organisme contre les agressions extérieures (bactéries, virus, parasites…). On en dénombre entre 4 000 et 10 000 par mm3 de sang.

Lorsqu’un agent pathogène envahit l’organisme, certains globules blancs le détectent et forment contre lui des anticorps spécifiques. A la suite d’un don de sang, les globules blancs sont filtrés : on parle alors de déleucocytation. En effet, ceux-ci pourraient entraîner des effets indésirables chez le receveur (allo-immunisation anti-HLA, réaction de frissons-hyperthermie…)

I. 3. Plaquettes :

Les plaquettes permettent d’arrêter les saignements, de prévenir ou de stopper les hémorragies. On en compte de 150 000 à 400 000 par mm3 de sang.

En cas de rupture de la paroi d’un vaisseau, ces minuscules cellules se collent dessus et colmatent la brèche. Ensuite, différentes protéines du plasma vont renforcer ce « bouchon » grâce au processus de coagulation.

La leucémie ou un traitement par chimiothérapie peuvent entraîner un déficit en plaquettes.

La transfusion de plaquettes peut également être nécessaire lors de certaines interventions chirurgicales lourdes.

I. 4. Plasma :

Le plasma est la partie liquide du sang. Composé à 90 % d’eau salée, il permet aux globules rouges et aux plaquettes de circuler dans le système vasculaire. Il apporte également les substances nutritives aux tissus, dont il recueille en retour les déchets pour les acheminer vers les organes d’élimination.

Le plasma contient plus d’une centaine de protéines. L’albumine, qui représente à elle seule 60 % des protéines du sang, maintient le volume de fluide et l’hydratation de l’organisme. Elle transporte également des hormones et d’autres molécules. Les immunoglobulines sont quant à elles indispensables dans la lutte contre les agents infectieux. Elles permettent de prévenir et de lutter contre des maladies telles que le tétanos, les hépatites ou la rubéole.

Le plasma contient également des facteurs de coagulation dont les facteurs antihémophiliques et des facteurs contre les thromboses. Un déficit héréditaire de ces protéines peut provoquer des hémorragies graves, comme chez les hémophiles.

Le plasma, transfusé ou utilisé sous forme de médicaments dérivés du sang, permet de soigner des malades souffrant d’hémorragies, de troubles de la coagulation ou de déficit immunitaire grave. L’albumine est également indiquée en cas d’insuffisance rénale et hépatique.

II. Les groupes sanguins :

la combinaison des deux systèmes ABO et RHESUS permet le classement en 8 groupes sanguins: A+,A-,B+,B-,AB+,AB-,O+ et O-.

Le système ABO permet de déterminer quatre groupes sanguins selon la présence ou non de deux antigènes, A et B, à la surface des globules rouges. Les humains, selon qu’ils possèdent l’antigène A, l’antigène B, les deux ou aucun des deux, sont ainsi classés dans le groupe sanguin A, B, AB ou O.

  • Un sujet de groupe A a ainsi l’antigène A et des anticorps anti-B.
  • Un sujet de groupe B a l’antigène B et des anticorps anti-A.
  • Un sujet de groupe AB a les antigènes A et B et n’a pas d’anticorps anti-A ou anti-B.
  • Un sujet de groupe O n’a pas d’antigène A ou B et a des anticorps anti-A et anti-B.

Ces groupes sont déterminants pour les transfusions. Car si les anticorps anti-A (ou anti-B) du receveur se fixent sur les antigènes A (ou B) des globules rouges du donneur, ils provoquent l’agglutination de ces cellules, voire leur destruction (hémolyse). Et entraînent donc l’échec de la transfusion, et dans certains cas, des réactions cliniques graves, voire dramatiques. C’est pourquoi, lors d’une transfusion, la compatibilité entre groupes sanguins doit absolument être respectée.

Le système Rhésus (ou RHD) détermine quant à lui, selon la présence ou l’absence de l’antigène D sur les globules rouges, si un individu est Rhésus positif (+) ou négatif (-).

III. Compatibilité des groupes sanguins :

Le tableau montre clairement que le groupe O- peut donner a tous les groupes, on l appelle donneur universel

O+ représente   40% de la population

O-   représente 6% de la population

A+ représente 30% de la population

A-   représente 4% de la population

B+ représente 14% de la population

B-   représente 2% de la population

AB+ représente 3% de la population

AB- représente 1% de la population

REMARQUE : le groupe O- est le plus recherché car il est donneur universel, mais le groupe le plus rare est AB- (1% de la population)

IV. Les pathologies soignées :

Chaque année, des millions de malades sont soignés grâce aux dons de sang, par transfusion ou avec des médicaments dérivés du sang. La transfusion sanguine, en particulier, est indispensable, voire vitale, dans le traitement de nombreuses pathologies.

Les produits sanguins sont prescrits dans deux grandes indications thérapeutiques .

IV.1. Les hémorragies :

Au cours d’un accouchement, une hémorragie peut survenir, entraînant un besoin urgent et important de produits sanguins. Dans ces situations d’urgence, ceux-ci doivent être disponibles en moins d’une demi-heure.

En cas d’hémorragie lors d’une intervention chirurgicale ou après un accident, il faut procéder à une transfusion de globules rouges.

Lorsqu’un patient perd beaucoup de sang lors d’une intervention il reçoit aussi des plaquettes qui contribuent à arrêter le saignement et facilitent la coagulation. La transfusion de plasma est quant à elle notamment indiquée en cas d’hémorragie importante ou pour les grands brûlés.

IV.2. Les maladies du sang et les cancers :

Les cancers du sang, comme les leucémies – mais aussi les lymphomes, les myélomes et la myélodysplasie – affectent directement la production des cellules sanguines dans la moelle osseuse. Le traitement de ces maladies nécessite, selon les cas, la transfusion de globules rouges et/ou de plaquettes, et requiert souvent de grandes quantités de produits sanguins.

Par ailleurs, le traitement intensif des cancers par chimiothérapie entraîne non seulement la destruction des cellules cancéreuses mais également celle des cellules de la moelle osseuse, qui sont à l’origine des cellules sanguines. Durant cette période dite d’aplasie, l’organisme ne pouvant plus les renouveler, d’importantes transfusions de plaquettes et de globules rouges sont alors nécessaires.

Quant aux patients atteints de certaines maladies génétiques affectant les globules rouges, ils reçoivent des transfusions sanguines tout au long de leur vie.